"Halak Halak"

De la scène musicale palestinienne contemporaine, on ne sait pas grand-chose. Un collectif passé aux Halles il y a quelques années, défendant le hip-hop en arabe. Et puis DAM, autres rappeurs, basés en Israël et signés chez les londoniens de Cooking Vinyl. Pour les cinq millions de palestiniens coincés sur l...

De la scène musicale palestinienne contemporaine, on ne sait pas grand-chose. Un collectif passé aux Halles il y a quelques années, défendant le hip-hop en arabe. Et puis DAM, autres rappeurs, basés en Israël et signés chez les londoniens de Cooking Vinyl. Pour les cinq millions de palestiniens coincés sur les 6 000 kilomètres carrés de leurs territoires illégalement occupés, l'urgence économique ne favorise pas forcément l'expression musicale. Pas facilitée non plus par les incessantes coupures d'électricité. Et puis voilà donc un duo qui, a priori, choisit la tangente d'un électro jouissif, voire fêtard, plutôt que le constat social. Bien qu'ici et là, par exemple dans Sa7rawe qui débute par des sirènes de police, l'hédonisme dansé n'est jamais complètement étanche aux conditions de vie en Palestine. Via dix titres, le tandem de Nasser Halahlih et Isam Elias accumule les réminiscences levantines, d'abord en baptisant leur formation du nom de Septima Zenobia, reine de Palmyre au IIIe siècle après JC. Et puis en baladant leurs synthés vintage entre une version arabe exaltée et monomaniaque mais davantage encore par le cousinage d'Omar Souleyman. C'est-à-dire le dabke, à l'origine un folk dansé répétitif/obsessionnel notamment au Liban et en Syrie que Zenobia adapte ici dans un style performant et juteux qui se place à cette bizarre frontière floutée entre le vrai groove endémique, l'impur kitsch oriental et une éventuelle branchitude de par chez nous. Bref, une bizarrerie qui fait du bien!