An Debie, 10/12, 12 rue de la Grande Île, à 1000 Bruxelles. Jusqu'au 19/11.
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An Debie, 10/12, 12 rue de la Grande Île, à 1000 Bruxelles. Jusqu'au 19/11. Du point de vue du marché de l'art, le caractère éphémère, insaisissable, de la performance joue contre elle. Pas vu, pas pris. Il reste qu'aux yeux de l'amateur, cette temporalité fugitive en fait tout le prix... et la difficulté -triviale synchronisation des agendas. Preuve supplémentaire de cette matérialité fuyante qui s'apparente à celle de la particule coincée dans un sablier, on a laissé passer ACTUS V, événement important en forme de "plateforme d'expérimentation et de réflexion sur l'Art Performance", mise en place dès 2012 par l'ASBL Ricochets. Programmée à la MAAC et dans l'abbaye de La Cambre, la manifestation rassemblait à Bruxelles une quinzaine d'artistes de renommée internationale -Antoni Karwowski, Elvira Santamaria Torres, Monica Klingler, Ilka Theurich ou, plus proche de nous, Benoît Felix- entre le 6 et le 11 novembre. Raté les performances en question ainsi que les tables rondes, workshops et autres open sessions dans l'espace public? Bonne nouvelle, un rattrapage est possible ou, pour le dire de façon plus juste, un écho s'offre au regard de tous ceux qui considèrent que la pratique artistique se doit d'engager le corps. 10/12, l'espace d'exposition de Béatrice Didier, elle-même artiste performeuse, donne à voir le travail de la Belge An Debie. Cette Gantoise née en 1976 a longtemps pratiqué le "body art", pour le dire à l'ancienne, avant de se diriger vers la photographie. Adopté à la manière d'une trace, l'art visuel selon Debie permet de creuser "les processus de transformation et de métamorphose, les transitions de la lumière au noir, ou encore de la dimension immatérielle à la matière". Un lot de consolation? Pas du tout: les images de l'intéressée disent la paradoxale fulgurance de la matière et rendent cet outil premier d'autant plus fascinant. Www.andebie.comM.V.