Dave Decat aime les voyous. Les vrais, les truands, les forts en gueule, les tatoués, les durs de durs. Tous ceux qui ont l'air de vouloir donner autant de coups qu'ils en ont reçu. Un goût et une fascination pour les bandes de jeunes, les bagnards et les loubards que le graphiste, dessinateur et affichiste bruxellois exprime sans relâche et avec une rare cohérence depuis près de 20 ans. Avec, pour base de son...

Dave Decat aime les voyous. Les vrais, les truands, les forts en gueule, les tatoués, les durs de durs. Tous ceux qui ont l'air de vouloir donner autant de coups qu'ils en ont reçu. Un goût et une fascination pour les bandes de jeunes, les bagnards et les loubards que le graphiste, dessinateur et affichiste bruxellois exprime sans relâche et avec une rare cohérence depuis près de 20 ans. Avec, pour base de son esthétique, les "Apaches" du Paris Belle Époque, voyous très stylisés dont il revisite en permanence l'imagerie, s'inspirant des journaux populaires de l'époque qu'il réinvente en affiche, en dessin, en pochette de disque ou en couverture de livre. Ancien roadie, fan de metal, tatoueur, grand pote de Pee Gonzalez (graffeur, dessinateur et MC de De Puta Madre, qu'il a côtoyé dans le magazine Voxer et qui signe ici quelques textes) et lui-même ex-vandale, Dave Decat est sorti de l'underground dès 2005, à l'occasion d'une campagne Carhartt qui a popularisé son univers, ses méchants et ses techniques mêlant crayons, aquarelle et retouches. Ne manquait qu'un beau livre et une large rétrospective de son travail pour prendre définitivement conscience de l'importance du bonhomme et apprécier à sa juste valeur ce mélange de violence et d'empathie qui n'appartient qu'aux loubards de Decat. Le beau livre en question sort aujourd'hui et se nomme Voyoucratie -What else? Soit plus de 200 pages et presque autant d'images de l'artiste, mais aussi -très bonne idée- de ses références, du Petit Journal des années 30 en passant par Jean-Pierre Melville ou Auguste Le Breton. Mis en pages et en partie écrit par Jimmy Pantera, lui-même grand spécialiste des freaks et des marginaux, Voyoucratie allie donc le beau et les bêtes avec une affection rare et beaucoup, beaucoup de talent(s). La preuve en 208 pages, dont les meilleures seront par ailleurs exposées quelques semaines durant, dès ce 8 novembre, sur les murs de la libraire pointue Peinture fraîche, installée dans le quartier du Châtelain.