Onzième long métrage de Luc et Jean-Pierre Dardenne, Le Jeune Ahmed tient en quelque sorte du retour aux fondamentaux pour le duo qui y renoue avec l'économie -la sécheresse même- de certains films antérieurs, L'E nfant par exemple, sans même parler d'une énergie n'étant pas sans rappeler celle qui habitait Rosetta. Mais s'il s'inscrit dans la continuité esthétique de l'oeuvre, ce nouvel opus s'en écarte également: jamais, en effet, les frères ne s'étaient emparés d'un sujet politique aussi brûlant, la radicalisation d'un jeune musulman, Ahmed, un ado tombé sous la coupe d'un imam fondamentaliste et se retournant dans la foulée contre son entourage, proches, prof et autres. Une matière sensible, abordée sans faux-fuyant et à l'abri d'un quelconque angélisme. "On est un peu anxieux, quand même, de voir comment le film va être reçu", confient-ils à l'unisson à quelques jours de s'envoler pour Cannes, où ils auront pour la huitième fois consécutive (!) les honneurs de la compétition.
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