On les connaît, ils n'ont pas vraiment changé. Lui, mèche corbeau qui tombe en permanence devant les yeux, le verbe traînant et rigolard. Elle, grande blonde à la voix légèrement éraillée. Danny Mommens et Els Pynoo se sont rencontrés au milieu des années 90 et ne se sont plus quittés depuis. Ils sortent ces jours-ci un nouvel album de Vive la Fête, intitulé Produit de Belgique, le 7e de leur discographie. Là aussi, pas de surprise: entre rock et électro, chanson et new wave, second degré kitsch et pose pin-up à la Bardot, Vive la Fête semble toujours autant s'amuser. Le résultat ne fait pas toujours dans la dentelle... Mommens préfère, lui, parler d'un disque plus ...

On les connaît, ils n'ont pas vraiment changé. Lui, mèche corbeau qui tombe en permanence devant les yeux, le verbe traînant et rigolard. Elle, grande blonde à la voix légèrement éraillée. Danny Mommens et Els Pynoo se sont rencontrés au milieu des années 90 et ne se sont plus quittés depuis. Ils sortent ces jours-ci un nouvel album de Vive la Fête, intitulé Produit de Belgique, le 7e de leur discographie. Là aussi, pas de surprise: entre rock et électro, chanson et new wave, second degré kitsch et pose pin-up à la Bardot, Vive la Fête semble toujours autant s'amuser. Le résultat ne fait pas toujours dans la dentelle... Mommens préfère, lui, parler d'un disque plus "prrrrrimitif", roulement troglodyte inclus. Tout roule donc? A voir... Els Pynoo rigole toujours autant des facéties de son homme, mais le rire semble parfois avoir perdu de son ingénuité. En 2009, l'ex-bassiste de dEUS a été victime d'un grave accident de Harley. Quand on l'interroge à ce propos, il fait d'abord mine de relativiser. "Oui, c'est juste. Cela n'a pas été facile. Mais un mois plus tard, on était déjà sur scène. C'est comme ça quand vous êtes indépendants, il faut vite retourner au charbon." Tout de même, est-ce que cela n'a pas changé certaines perspectives? Mommens sourit: "On est plus calmes aujourd'hui, c'est sûr." Fini la déglingue rock'n'roll à laquelle il a longtemps été abonné? "Oh oui, plus de drogues, rien!" Et de lever, à moitié hilare, son verre d'eau pétillante pour preuve... Entre-temps, Vive la Fête n'aura pas non plus échappé à la crise du disque. Sans label, le couple a enregistré lui-même le nouvel album. Ils ont investi leur studio bricolé dans les anciennes étables de leur ferme, à Olsene, du côté de Zulte, pas loin de Gand -où ils élèvent toujours chevaux, poules, cochons... "Le plafond est un peu bas, explique Els Pynoo , mais à part ça l'endroit est parfait." Autre changement d'habitude qui n'est sans doute pas anodin: cette fois-ci, le disque a été conçu uniquement en journée. "Avant, Danny bossait sur la musique toute la nuit. Mais moi, je ne peux pas, je n'ai jamais pu. Alors, pour une fois, on a bossé tous les deux ensemble en journée, avec le groupe." Le disque terminé, avec l'aide notamment de Jo Bogaert (Technotronic), il a fallu alors chercher une maison de disques. "Certains étaient intéressés, mais cela n'avançait pas. On nous faisait chaque fois lanterner." A un moment, ils se décident donc à sortir l'album par eux-mêmes. "C'est mieux! On a pu faire exactement ce qu'on voulait, personne pour t'embêter, te demander de davantage calibrer ton morceau pour la radio. Fuck off", enchaîne Mommens. Aujourd'hui, le groupe ne fréquente plus autant les podiums mode, mais prévoit quand même une belle série de dates à l'étranger (jusqu'au Brésil), et s'est mis à bosser sur un projet de montage sonore expérimental avec l'artiste Arne Quinze. Alors oui, Vive la Fête est devenu, un peu comme Arno, sa propre référence. N'empêche: quel autre groupe flamand actuel est capable d'intituler son album Produit de Belgique? En pleine hystérie N-VA au nord du pays, c'est au minimum cocasse... Les deux rigolent et font les innocents. "La politique, ce n'est pas notre truc", glisse Plynoo, bottant en touche. Ou quand le meilleur moyen d'affirmer sa belgitude est, forcément, de la minimiser... - VIVE LA FÊTE, PRODUIT DE BELGIQUE, DISTRIBUÉ PAR BERTUS. - EN CONCERT, LE 19/08, AU BRUSSELS SUMMER FESTIVAL. LAURENT HOEBRECHTS