La Ferme de la terreur

Wes Craven a déjà signé les autrement plus marquants La Dernière Maison sur la gauche et La colline a des yeux quand il se fend, en 1981, de cette sanglante petite partie de campagne chez les Hittites, étrange et stricte communauté religieuse qui ferait passer les Amish pour des libertins échangistes. Face à un Ernest Borgnine grimaçant, une très jeune Sharon Stone avale des araignées-démons en petite tenue dans ce Deadly Blessing (son titre en VO) à la tension sexuelle constante qui part un peu dans tous les sens. La bande-son souvent tonitruante de James Horner accentue le côté peu avare de ses effets d'un film qu'il serait malvenu de qualifier de subtil. Mais on se délecte de quelques très beaux jeux de lumière, et aussi de vraies fulgurances de mise en scène et de montage -notamment, cette scène de bain qui préfigure clairement celle du premier Freddy, Les Griffes de la nuit, qui sortira seulement trois ans plus tard.
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Wes Craven a déjà signé les autrement plus marquants La Dernière Maison sur la gauche et La colline a des yeux quand il se fend, en 1981, de cette sanglante petite partie de campagne chez les Hittites, étrange et stricte communauté religieuse qui ferait passer les Amish pour des libertins échangistes. Face à un Ernest Borgnine grimaçant, une très jeune Sharon Stone avale des araignées-démons en petite tenue dans ce Deadly Blessing (son titre en VO) à la tension sexuelle constante qui part un peu dans tous les sens. La bande-son souvent tonitruante de James Horner accentue le côté peu avare de ses effets d'un film qu'il serait malvenu de qualifier de subtil. Mais on se délecte de quelques très beaux jeux de lumière, et aussi de vraies fulgurances de mise en scène et de montage -notamment, cette scène de bain qui préfigure clairement celle du premier Freddy, Les Griffes de la nuit, qui sortira seulement trois ans plus tard. Emmené par l'enfant-star Peter Billingsley, dont il adopte majoritairement le point de vue, Death Valley commence comme un drame sociétal urbain à la Kramer vs. Kramer avant de virer abruptement en thriller horrifique -mais jamais gore- à la Duel au pays des cow-boys. Soit, juste après le divorce de ses parents, les aventures du jeune Billy, tête blonde quittant la grande ville pour se lancer dans une virée au coeur même de la vallée de la Mort en compagnie de sa mère et du nouveau petit ami de celle-ci. Émotionnellement délicat, ce périple a priori sans histoire tourne carrément au cauchemar quand une présence sans visage, de plus en plus menaçante, se fait sentir sur leur route... Inquiétant sous ses faux airs innocents, ce film rare, disparu depuis l'ère de la VHS, excelle dans le registre de la tension, parvenant notamment à instaurer un rapport au temps très particulier, entre lentes dilatations et soudaines contractions. " J'ai une bonne et une mauvaise nouvelle, les filles. La bonne nouvelle, c'est que vos rencards sont arrivés. La mauvaise, c'est qu'ils sont morts." Mix très décomplexé entre science-fiction, horreur et teen movie, Night of the Creeps (en VO), le premier long métrage de Fred Dekker, futur réalisateur maudit de RoboCop 3, est un hommage constant à la gloire du cinéma bis. Le film, qui cite explicitement le Plan 9 from Outer Space d'Ed Wood, se passe ainsi sur le campus de l'université Corman, référence évidente à Roger Corman, et tous ses personnages portent des noms de cinéastes cultes: Chris Romero, James Carpenter Hooper, Cynthia Cronenberg, Inspecteur Landis, Sergent Raimi, etc. Cadavre décryogénisé, tueur en série zombifié, bestioles rampantes ressuscitées, aliens en caoutchouc... Dekker fourre dans le film un maximum de ses envies mais épate surtout par son sens du dialogue tranchant. Un peu surchargé, mais très fun. Et bien sale. À la barre de The Stepfather, et de son suspense de facture assez classique mais bien mené, on retrouve un certain Joseph Ruben, futur réalisateur de Sleeping with the Enemy avec Julia Roberts et The Good Son avec Macaulay Culkin, soit deux thrillers domestiques où la menace vient aussi de l'intérieur. Idéal en grand malade planqué sous une image lissée de type bien sous tous rapports, Terry O'Quinn, qui deviendra l'incontournable John Locke de la série Lost deux décennies plus tard, y campe un beau-père psychopathe, obsédé par l'idée d'un modèle parfait d'unité familiale, qui trucide tout le monde façon grosse promo au rayon boucherie en cas de déception avant de trouver un nouveau foyer où s'incruster. Efficace petit succès de genre au culte persistant, le film, basé sur une sordide histoire vraie et en partie scénarisé par l'écrivain américain Donald E. Westlake, connaîtra deux suites, dont une télévisée, et un remake. Contre toute attente (et un peu contre toute logique, aussi), Terry O'Quinn remet le couvert dans l'honorable première suite de The Stepfather. Spécialisé en franchises horrifiques ( Massacre à la tronçonneuse 3, Puppet Master 4 et 5, Pumpkinhead 2), le réalisateur US Jeff Burr y fait d'abord mine de vouloir remonter aux racines du Mal avant de rapidement se contenter de reconduire une formule ayant, il est vrai, déjà fait ses preuves. Certaines variations, bienvenues, ne manquent pourtant pas de charme: ex-agent immobilier s'improvisant pour le coup conseiller matrimonial, le dérangé beau-père infiltre cette fois une morne banlieue pavillonnaire remplie de desperate housewives promptes à la confidence, et le film a également la bonne idée d'accentuer l'idée d'un sifflement caractéristique qui sera cette fois moins fatal aux victimes qu'au bourreau -comme en écho inversé à celui du meurtrier de M le Maudit de Fritz Lang?