"Abrazo"

Leur rencontre musicale date de 2012, quand ils étaient membres du quartette de Daniel Humair. Depuis, ils n'ont cessé de jouer ensemble, notamment en duo -plus de 600 fois d'après les notes de pochette, sur plus d'un millier (!) de concerts donnés. Mariage d...

Leur rencontre musicale date de 2012, quand ils étaient membres du quartette de Daniel Humair. Depuis, ils n'ont cessé de jouer ensemble, notamment en duo -plus de 600 fois d'après les notes de pochette, sur plus d'un millier (!) de concerts donnés. Mariage de l'accordéon (Vincent Peirani) et du saxophone soprano (Émile Parisien), leur tête-à-tête relèverait, d'après eux, " de la danse rapprochée", voire de l'étreinte ( Abrazo!) fusionnelle avec, aussi, ses moments inévitables de crise comme il en va dans tous les couples. Comportant dix plages, l'album comprend une composition du saxophoniste, trois de l'accordéoniste et des emprunts faits à Jelly Roll Morton, Xavier Cugat, Astor Piazzolla (deux fois), Tomás Gubitsch et même Kate Bush. Car, paradoxalement, ce magnifique album qui se veut un dialogue instrumental sans concession est aussi un album consacré à la danse, ce dont relèvent tous les titres qui le composent et, en particulier, ceux signés par Piazzolla, maître (s'il en fut) du tango argentin. Magnifiquement enregistré, Abrazo est une perle sans défaut où une complicité et une musicalité jamais démenties nourrissent l'inspiration supérieure de ces deux piliers de la scène française qui trouvent ici sans doute leur plus bel exutoire à ce jour.