"Vince Staples"

Sur la carte du rap US, Vince Staples occupe plus que jamais une place à part. Depuis le début, le rappeur californien trace en effet sa propre route, jamais complètement à contre-temps, mais zigzaguant toujours entres les modes et les courants pour ne suivre au final que le sien. Il ne fuit pas le succès, mais ne court pas derr...

Sur la carte du rap US, Vince Staples occupe plus que jamais une place à part. Depuis le début, le rappeur californien trace en effet sa propre route, jamais complètement à contre-temps, mais zigzaguant toujours entres les modes et les courants pour ne suivre au final que le sien. Il ne fuit pas le succès, mais ne court pas derrière à tout prix non plus, préférant tenter des choses (l'influence house-techno de Big Fish Theory) ou provoquer des rencontres inattendues (les collaborations avec SOPHIE ou James Blake). L'humour à froid joue également un rôle important chez Staples, a fortiori quand il s'agit de décrire la rue et les gangs de Long Beach, où il a grandi. En 2018, le sujet était encore au centre du court album FM! -avec sa pochette évoquant (intentionnellement?) une version cartoonesque des Bains d'Ostende de James Ensor. Trois ans plus tard, son nouveau projet -le premier des deux annoncés pour cette année- est toujours aussi bref (22 minutes). Mais il propose un tout autre paysage sonore, moins haché, plus posé. Comme le suggère son titre, Vince Staples est présenté comme l'album le plus personnel du rappeur. Produit entièrement par Kenny Beats, il est surtout le plus tranquille. Mais pas forcément le plus serein. Car sous son apparente placidité, Vince Staples continue de jeter un regard grinçant sur l'environnement dans lequel il a évolué. Le genre d'endroit où il vaut souvent mieux rester chez soi le samedi soir (l'interlude Lakewood Small), et où le soleil chauffe toujours trop les esprits (" I hate July, crime is high, the summer suck", sur Taking Trips). L'été meurtrier...