Trafic d'enfants, travail forcé, servitudes pour dettes... L'esclavage, en 2018, ce sont 45 millions de personnes privées de liberté, asservies, maltraitées, déshumanisées, vendues comme n'importe quelle marchandise. Ce sont des millions d'enfants arrachés à leurs familles pour travailler dans des conditions qui feraient passer Les Misérables pour un préquel des Bronzés, ou pour être transformés en enfant...

Trafic d'enfants, travail forcé, servitudes pour dettes... L'esclavage, en 2018, ce sont 45 millions de personnes privées de liberté, asservies, maltraitées, déshumanisées, vendues comme n'importe quelle marchandise. Ce sont des millions d'enfants arrachés à leurs familles pour travailler dans des conditions qui feraient passer Les Misérables pour un préquel des Bronzés, ou pour être transformés en enfants-soldats qui, s'ils survivent, auront plus de chance de devenir des zombies tortionnaires que des êtres en résilience. Dans ce documentaire qui ne secoue pas que les âmes sensibles, le réalisateur allemand Marc Wiese fait un état des lieux précis, construit autour de données objectives, de témoignages à visages couverts de rescapés, et d'analyses d'experts qui font froid dans le dos. On y voit que l'esclavage, ça peut commencer de manière banale... en fuyant la persécution en Birmanie, pour la promesse d'un emploi en Thaïlande et se retrouver, acculé par les dettes aux passeurs, à bosser sur des chalutiers pendant des années, sous menace de torture ou de mort. Cela se passe de manière plus brute en Ouganda, avec les rapts d'enfant. Mais ces deux exemples ne sont ici que le point de départ d'un constat: l'esclavage est en pleine expansion, sous nos yeux ou presque, parfois cautionné, en se pinçant le nez, par nos dirigeants. Si l'exploitation sexuelle, la pédopornographie, les systèmes de castes et, globalement, la violence sans tabou du système esclavagiste est détaillé avec force, les initiatives pour y mettre fin ont également la part belle: l'épiphanie du milliardaire australien Andrew Forest suite à une question candide de sa fille ("papa, tu connais le trafic d'enfants?"), au-delà de l'émotion qu'elle suscite, est le point de départ d'une vaste et efficace campagne en Inde. Elle n'est pas le seul îlot d'espoir dans un océan de dégoût. Les initiatives et les luttes font chapelet... Aboli depuis le XIXe siècle dans la plupart des pays, l'esclavage a encore de beaux restes.