Comme ça spontanément, on s'attend à trouver plus facilement Stephan Vanfleteren (1969) sur le pavé carolo que sur une plage de sable fin. C'est mal connaître ce virtuose du portrait noir et blanc qui peut avaler les méridiens pour traquer une "gueule". La preuve avec cette image qui met en scène le surfeur néo-z...

Comme ça spontanément, on s'attend à trouver plus facilement Stephan Vanfleteren (1969) sur le pavé carolo que sur une plage de sable fin. C'est mal connaître ce virtuose du portrait noir et blanc qui peut avaler les méridiens pour traquer une "gueule". La preuve avec cette image qui met en scène le surfeur néo-zélandais Kehu Kehu Butler. Sous l'objectif du Courtraisien, l'intéressé quitte la condition humaine. Il se fait créature amphibie, mi-homme mi-requin. La représentation sidère d'autant plus qu'elle panache hiéroglyphes sur la peau et inévitables stigmates, quelque part entre des tatouages traditionnels maoris -le Ta moko- et un bandeau qui dit un oeil perdu lors d'un tristement banal accident de... surf. Il n'en va jamais autrement: force et vulnérabilité sont inextricablement mêlées lorsqu'il s'agit d'addiction à la vague. Pendant plus d'une demi-année, Vanfleteren a arpenté le globe pour approcher ces hommes et ces femmes qui ont choisi de se confronter à quelque chose de plus grand qu'eux-mêmes. Pour lui, le surf est moins un sport, une science du mouvement, qu'une manière magnétique d'être en harmonie avec cet environnement crucial qu'est l'océan. Raison pour laquelle il exposera cet été une cinquantaine de portraits -Bethany Hamilton, Kelly Slater, Gerry Lopez, Stephanie Gilmore mais également les anonymes de la planche- à Bordeaux (Cour Mably et Musée d'Aquitaine). Le tout pour une vague de fraîcheur qui va comme un gant à l'été.