Cela fait trois ans que les éditions Playlist Society se sont lancées dans un exercice aussi difficile que salubre: mettre à jour nos logiciels critiques en matière de pop culture. Alors que l'Histoire du cinéma ou de la musique s'est progressivement pétrifiée en une galerie de portraits grim...

Cela fait trois ans que les éditions Playlist Society se sont lancées dans un exercice aussi difficile que salubre: mettre à jour nos logiciels critiques en matière de pop culture. Alors que l'Histoire du cinéma ou de la musique s'est progressivement pétrifiée en une galerie de portraits grimaçants, la maison s'est donné pour mission de réinsuffler un peu de vie dans le musée. Christopher Nolan et Tobe Hooper, J. J. Abrams et Blake Edwards, les frères Scott et le groupe Swans: son catalogue ressemble à un who's who risqué -celui de créateurs qui font encore froncer le nez de beaucoup. Alexandre Mathis, qui y avait déjà signé un livre consacré à Terrence Malick, relance la donne avec un petit ouvrage tout entier dévolu au studio Ghibli et à ses créateurs les plus fameux: Hayao Miyazaki et Isao Takahata. C'est une sorte de vade-mecum qu'on pourrait décrire comme un hybride de "Que sais-je?" et de journalisme malin, de savoir propre et net et de narration anglée -le livre idéal pour se remettre dans les neurones l'essentiel de ce qu'on sait à propos de l'histoire du studio et des thèmes qu'il charrie. Du monde de l'enfance à celui des kamis, de celui de la guerre à celui de la nature, il dessine une jolie cartographie portable de ce qu'Alexandre Mathis nomme " monde parfait", avec tout ce que ça comporte d'angoissant. On se munira donc de son livre comme d'un talisman pour s'en protéger.