Si Étienne Davodeau, dans son très bon Les Ignorants, nous parlait du merveilleux métier d'auteur de bande dessinée, Daniel Blancou en expose ici la dure réalité. Comme le premier, il puise dans son vécu pour nous conter les déboires d'un auteur en panne de tout: travaux alimentaires peu inspirants, imagination en berne, projets peu porteurs... le Daniel d' Un auteur de BD en tro...

Si Étienne Davodeau, dans son très bon Les Ignorants, nous parlait du merveilleux métier d'auteur de bande dessinée, Daniel Blancou en expose ici la dure réalité. Comme le premier, il puise dans son vécu pour nous conter les déboires d'un auteur en panne de tout: travaux alimentaires peu inspirants, imagination en berne, projets peu porteurs... le Daniel d' Un auteur de BD en trop donne des cours de bande dessinée dans une école d'art pour arrondir ses fins de mois. Lors d'une séance de dédicace désespérément calme, il rencontre Kevin, le fils de la pharmacienne qui lui montre ses planches: c'est la révélation! " Daniel comprend que ce jeune homme est brillant, incisif, original, inspiré comme il ne le sera jamais lui-même", pense l'auteur en regardant le book du morveux. Deux éléments vont pousser Daniel du côté obscur de la force: d'une part, le gamin va être attiré par les sirènes de l'art contemporain, dédaignant cet art mineur qu'est la BD; d'autre part, les factures impayées et autres loyers en retard s'accumulant, l'auteur acculé va s'emparer du travail de Kevin pour se l'approprier. Commence alors le temps de la culpabilité. On ne sait pas dans quelle mesure le Daniel de chair et de sang a inspiré le Daniel de papier. Quoi qu'il en soit, cette mise en abyme donne à l'auteur l'occasion de revenir à ses anciennes amours, à savoir la bande dessinée d'humour. Et ça fait du bien. Libéré de la contrainte documentariste dans laquelle l'auteur évoluait ces derniers temps, il retrouve de la fluidité dans le récit et de l'originalité dans le dessin et la mise en page. C'est à la fois drôle et instructif pour tous les petits jeunes qui voudraient se lancer dans le métier. Blancou en profite également pour égratigner l'ensemble de la profession; les éditeurs, les collègues qui ont réussi, les compagnons de galère... et le lecteur.