La Chambre d'Isabella, spectacle-tube créé en 2004 par Jan Lauwers et sa Needcompany, remonte sur les planches, uniquement à Bruxelles, pour trois représentions. "La dernière fois qu'on a joué ce spectacle, c'était en septembre 2015 à Buenos Aires. Nous jouerons ce spectacle encore, mais ça sera plutôt en 2019", nous dit-on. Rien qu'à prononcer "La chambre d'Isabella", les souvenirs déboulent. Un drame, une traversée, une...

La Chambre d'Isabella, spectacle-tube créé en 2004 par Jan Lauwers et sa Needcompany, remonte sur les planches, uniquement à Bruxelles, pour trois représentions. "La dernière fois qu'on a joué ce spectacle, c'était en septembre 2015 à Buenos Aires. Nous jouerons ce spectacle encore, mais ça sera plutôt en 2019", nous dit-on. Rien qu'à prononcer "La chambre d'Isabella", les souvenirs déboulent. Un drame, une traversée, une réconciliation, l'Histoire et la famille, une atmosphère douce-amère et joyeuse, un lumineux décor "bric-à-brac" ethno-africain, des amours manquées... Et l'immense comédienne Viviane De Muynck -personnage impertinent, clope au bec et fureur de vivre- entourée de superbes comédiens-danseurs. C'était une fresque comme un kaddish vivifiant, tendre et canaille, comme une plongée passionnante dans le XXe siècle "âge des extrêmes". La Chambre d'Isabella laisse des empreintes. Ceux qui l'ont vu, en 2004, 2005, ou 2011, s'en souviennent toujours. "C'était beau. Je vois encore cet acteur-danseur fou-allumé avec ses cris "jungle" dans ce décor colonial." On replonge dans les archives et le pitch revient:"Isabella est la fille d'un prince du désert qui a disparu lors d'une expédition. C'est ce que lui ont raconté ses parents adoptifs." Les secrets de famille créent des drames et parfois des quêtes. On assistera au "retour vers le futur" d'Isabella, aujourd'hui, vieille et aveugle, recluse dans une chambre, remplie d'objets anthropologiques et ethnologiques. Dans cette chambre vont défiler les vivants, les morts, les amours, l'Histoire. À l'annonce du retour d'Isabella, les réseaux sociaux s'emballent: "What I remember most is the fire..." "Mon meilleur souvenir. Chanter, danser, jouer... Mettre le feu autour d'une mort.""Un spectacle fondateur pour moi. Que faire de son passé colonial... Un choc énorme. Je ne peux écouter la bande-son sans pleurer, moi qui ne pleure jamais..."Le souvenir peut, certes, sublimer les choses, mais il sera quand même difficile d'échapper au charme de La Chambre d'Isabella.Du 09 au 11/11 au Théâtre National à Bruxelles. www.theatrenational.be Nurten Aka