Tunnels c'est un peu La Comédie humaine transposée dans l'Israël contemporain. Le lecteur assiste ici à la rencontre de différentes personnalités, aux aspirations opposées mais unies dans le même but: trouver l'Arche d'Alliance, celle-là même qui contient les Tables de la Loi données à Moïse sur le mont Sinaï. Chaque personne impliquée voudrait garder p...

Tunnels c'est un peu La Comédie humaine transposée dans l'Israël contemporain. Le lecteur assiste ici à la rencontre de différentes personnalités, aux aspirations opposées mais unies dans le même but: trouver l'Arche d'Alliance, celle-là même qui contient les Tables de la Loi données à Moïse sur le mont Sinaï. Chaque personne impliquée voudrait garder pour elle l'hypothétique découverte, mais vu l'ampleur de la tâche, elle ne peut que s'associer aux autres pour y parvenir. Et chacun y va de son petit mensonge sur ses véritables intentions. Au départ il y a Nilli, un peu en dehors des réalités, fille d'un célèbre archéologue à la retraite et frappé d'Alzheimer, qui veut reprendre les fouilles de son père entamées quelques dizaines d'années plus tôt. Sans le sou, elle fait appel à Abouloff, grand collectionneur d'art pour financer son entreprise. Il lui impose une équipe de Juifs orthodoxes complètement illuminés. Manque de bol, l'entrée du tunnel se trouve de l'autre côté du mur de séparation, sous un village palestinien. L'armée va s'en mêler, des contrebandiers palestiniens vont faire leur apparition et, cerise sur le gâteau, Broshi, le frère de Nilli, va venir jouer à l'espion pour le compte d'un archéologue rival avide de reconnaissance. Le vaudeville peut commencer. La complexité de l'histoire atteint un tel niveau que le suspense s'en dégageant porte moins sur la course à la fabuleuse découverte que sur l'imbroglio de mensonges et de promesses intenables qui se tisse tout au long du récit. Le dessin, pour les besoins du récit, se fait également plus burlesque, comme exécuté par un Hergé enfant. Tunnels est l'allégorie de la société israélienne dans toute sa complexité... L'humour en plus.