Parmi les belles expositions qui nous restent en mémoire, il y a eu cette biennale de photographie à Molenbeek en 2019. Dans le cadre labyrinthique du Château du Karreveld, on s'était pâmé. Notamment devant un très interpellant dispositif en forme d'arrêt sur image d'Hélène Petite. Celu...

Parmi les belles expositions qui nous restent en mémoire, il y a eu cette biennale de photographie à Molenbeek en 2019. Dans le cadre labyrinthique du Château du Karreveld, on s'était pâmé. Notamment devant un très interpellant dispositif en forme d'arrêt sur image d'Hélène Petite. Celui-ci invitait le regardeur à interrompre le flux, à se poser. Un miracle se produisait alors: l'immobile se faisait mouvant à la faveur d'un travelling immersif quasi imperceptible. Hélas, dans l'article qui s'en était suivi, on n'avait pas rendu justice à l'intéressée dans la mesure où on s'était trompé quand il s'était agi d'attribuer l'oeuvre. Justice est faite? Pas totalement. Il manquait l'occasion de rendre un hommage plus appuyé à cette artiste sensible qui " déploie une approche réflexive et expérimentale sur la photographie argentique", selon les mots de Véronique Daneels, docteure en Histoire de l'art et professeure à l'Académie des Beaux-Arts de Tournai. L'intéressée a la bonne idée de sortir un ouvrage, Traversée, publié par la Maison CFC (éditions), qui résulte d'un travail portant sur une dizaine d'années. Le livre rassemble quatre projets principaux. Il y est question de la même invitation à contempler, à se laisser embarquer quelque part entre le flou et les reflets. Un voyage onirique au coeur d'une image libérée des mots d'ordre. Un programme qui ne se refuse pas.