Depuis la fin de la troisième saison (en 2017) de cette magistrale série signée Jill Soloway (à qui l'on doit aussi I Love Dick), l'Amérique a changé de visage et son président, Trump, a pris les décisions les plus rétrogrades envers la communauté trans (fin du programme anti-discrim...

Depuis la fin de la troisième saison (en 2017) de cette magistrale série signée Jill Soloway (à qui l'on doit aussi I Love Dick), l'Amérique a changé de visage et son président, Trump, a pris les décisions les plus rétrogrades envers la communauté trans (fin du programme anti-discrimination auprès des étudiants, exclusion de l'armée...) qui fait l'objet d'une violence croissante. Cette quatrième saison, qui poursuit l'observation des conséquences de la transformation du patriarche Maura/Morton (Jeffrey Tambor, Golden Globe pour ce rôle en 2015) sur ses proches a donc une pertinence particulière quand elle questionne la famille, la sexualité et la définition de ce qui fait de nous des individualités et des ensembles. Alors qu'une partie de la famille s'envole pour Israël et Gaza, ce n'est plus uniquement l'identité sexuelle qui se réoriente, mais l'identité juive, les racines, l'humanité. Et c'est superbement drôle. Et touchant. Regarder la famille Pfefferman s'égrainer, s'éparpiller, se chercher, se perdre, se retrouver, c'est forcément se positionner sur sa propre famille, sa sexualité, ses assignations et son désir ardent de singularité et de lien. Rien de lourd, de bavard ou de moralisant, l'écriture de Soloway est beaucoup trop fine, précise, empathique et délicieusement insolente pour ça.