Barack Obama sourit. 28 août 2008, 70 000 supporters font chauffer l'énorme carcasse du stade Invesco Field, Denver, Colorado. L'intro au piano flotte dans l'air, puis apparaît la voix baryton de Matt Berninger, la batterie triomphante, cette jouissance presqu'olfactive. Fake Empire est l'une des plus belles chansons de ces 10 dernières années et Obama s'en est largement servi lors de sa campagne présidentielle: il y a sans doute vu la métaphore d'une Amérique capable de s'éveiller du coma bushien pour renouer avec son ambition déchue. Le brillant morceau est tiré du quatrième album studio de The National, The Boxer: sorti il y a exactement 3 ans, il se vend à près de 400 000 exemplaires. C'est peu dire que le nouveau High Violet est attendu, à raison d'ailleurs (cf. encadré). Onze ans après sa formation dans l'Ohio, puis le déménagement à New York, le quintet de Flatbush/Brooklyn mérite la même aventure qu'Arcade Fire en 2007: une explosion mondiale. Ils en ont le talent et la densité spirituelle. Leur son est très beau. La musique est à la fois cérémonieuse -la langueur des mélodies le prouve- et barbare, arrachant de son c£ur noisy des phases profondément mélancoliques. On a souvent écrit que la batterie métronomique, en particulier, convoque...