Les documentaires musicaux sont décidément tendance, embrassant les sujets les plus divers, tant il est vrai qu'il y a là une manne virtuellement inépuisable. Démonstration avec deux films que sort Periscoop, et consacrés l'un à Robbie Robertson et the Band, le groupe légendaire qu'allait fonder le guitariste canadien au coeur des sixties sur les cendres de The Hawks; l'autre, au mouvement Rock Against Racism, dont l'émergence dans l'Angleterre de 1976 serait concomitante à celle du mouvement punk.
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Les documentaires musicaux sont décidément tendance, embrassant les sujets les plus divers, tant il est vrai qu'il y a là une manne virtuellement inépuisable. Démonstration avec deux films que sort Periscoop, et consacrés l'un à Robbie Robertson et the Band, le groupe légendaire qu'allait fonder le guitariste canadien au coeur des sixties sur les cendres de The Hawks; l'autre, au mouvement Rock Against Racism, dont l'émergence dans l'Angleterre de 1976 serait concomitante à celle du mouvement punk. " The Band est l'exemple d'un groupe qui était plus que la somme de ses individualités", observe Bruce Springsteen dans Once Were Brothers, le film de Daniel Roher inspiré des mémoires publiés par Robertson en 2016. Et retraçant, force témoignages, archives rares et extraits musicaux à l'appui, une aventure peu banale qui allait contribuer à définir les contours de l'americana. Comme son titre l'indique, le film est placé sous l'angle de la fraternité unissant des musiciens s'étant rencontrés à la fin des 50's dans l'ombre de Ronnie Hawkins, avant d'accéder à la notoriété quelques années plus tard sous le patronyme de The Band. Et d'accompagner Bob Dylan dans son virage électrique (le film abonde en images de la tournée houleuse qui devait s'ensuivre), avant d'enfin voler de leurs propres ailes, leur premier album, Music from Big Pink, restant considéré comme un classique. La suite sera plus amère, le mélange de drogues et de querelles d'ego minant le groupe jusqu'à un ultime concert au Winterland de San Francisco, en 1976, immortalisé par Martin Scorsese dans The Last Waltz. Une équipée à laquelle les nombreuses interventions de Robertson confèrent une coloration intime à la vibration émouvante. Titré d'après le premier single de The Clash, White Riot n'est pas à proprement parler un documentaire musical, même si l'on y voit généreusement la bande à Joe Strummer et Mick Jones, de même d'ailleurs que X-Ray Spex, 999, Steel Pulse et autre Tom Robinson Band, tous attachés de près ou de loin à la cause de Rock Against Racism, le mouvement dont Rubika Shah entreprend de relater la genèse. Et de plonger dans l'Angleterre de 1976, lorsqu'activisme politique et incandescence musicale devaient converger face à la montée de l'extrême droite et du National Front. Une effervescence que le film restitue en un stimulant collage adoptant le style des fanzines d'alors, au service d'un propos à l'urgence toujours intacte. Red Saunders, le fondateur du mouvement, ne dit d'ailleurs rien d'autre, qui souligne, à plus de 40 ans de distance: " Rock Against Racism a montré une chose: même les gens ordinaires peuvent agir et changer le monde".