Actualité multiple pour Aretha Franklin qui, non contente de faire l'objet du biopic Respect, de Liesl Tommy, a droit à sa mini-série sur Disney+. Produite par le National Geographic dans le cadre de l'anthologie Genius (où l'ont précédée Albert Einstein et Pablo Picasso), Genius: Aretha entreprend de retracer par le menu la carrière de la "Queen of Soul" tout en restituant dans toute sa complexité l'existence mouvementée d'une icône disparue en 2018 à l'âge de 76 ans.
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Actualité multiple pour Aretha Franklin qui, non contente de faire l'objet du biopic Respect, de Liesl Tommy, a droit à sa mini-série sur Disney+. Produite par le National Geographic dans le cadre de l'anthologie Genius (où l'ont précédée Albert Einstein et Pablo Picasso), Genius: Aretha entreprend de retracer par le menu la carrière de la "Queen of Soul" tout en restituant dans toute sa complexité l'existence mouvementée d'une icône disparue en 2018 à l'âge de 76 ans. Composant un portrait complet de l'interprète de Save Me et tant d'autres standards, les huit épisodes créés par Suzan-Lori Parks explorent les multiples aspects de sa vie en jonglant avec la chronologie, et en jouant du noir et blanc (notamment pour les parties consacrées à l'enfance, à Detroit) comme de la couleur. L'histoire d'Aretha Franklin, la série l'envisage à compter de 1967, alors qu'elle vient d'être consacrée "Queen of Soul". Et de rembobiner le temps de quelques mois, pour s'arrêter aux sessions de Muscle Shoals, en Alabama, qui permettront à l'artiste de trouver définitivement sa voix. Épisode musical déterminant et moment-clé d'un parcours qui se décline à l'écran en mêlant les époques pour offrir une vision panoramique de sa destinée tant personnelle qu'artistique. Les deux se confondant du reste, l'art de Miss Franklin puisant à l'évidence dans ses nombreux drames personnels. Entre les tragédies de l'enfance et la reconnaissance précoce d'un talent sans égal; l'ombre du père et la découverte puis l'affirmation de sa personnalité musicale; l'engagement pour les droits civiques et les caprices de star..., la matière est pléthorique. Suzan-Lori Parks opte pour une approche exhaustive qui, sans rien ôter à l'intérêt de l'ensemble, tend toutefois à le diluer quelque peu. À cet égard, et puisque la comparaison s'impose, le film de Liesl Tommy a, par moments, des allures de condensé de la série, dont il partage les lignes de force. Non sans trouver en Jennifer Hudson une interprète idéale, ce qui ne diminue pas les mérites bien réels de Cynthia Erivo, qui incarne l'artiste avec une force indéniable dans la série. Les amateurs ne manqueront pas de découvrir enfin Amazing Grace, le documentaire d'Alan Elliott consacré à l'enregistrement par la chanteuse dans une église de Watts, à Los Angeles, en 1972, de son album gospel éponyme. Un concert-événement filmé à l'époque par Sydney Pollack, et sur la reconstitution duquel Liesl Tommy referme Respect. Longtemps restées inédites, ces images sont tout simplement bouleversantes, où la voix et la présence de la Queen of Soul subjuguent littéralement l'assistance (où l'on reconnaît notamment Mick Jagger et Charlie Watts, récemment disparu), gagnée par une ferveur hautement communicative. Un pur moment de magie.