En 1898, le Musée de Tervuren sort de terre, conçu comme un véritable monument à la gloire de la "mission civilisatrice" de la Belgique au Congo. Soixante ans plus tard, lors de l'Expo 58, un authentique zoo humain s'étend à ses alentours, où les visiteurs peuvent nourrir leur imaginaire des clichés les plus insoutenabl...

En 1898, le Musée de Tervuren sort de terre, conçu comme un véritable monument à la gloire de la "mission civilisatrice" de la Belgique au Congo. Soixante ans plus tard, lors de l'Expo 58, un authentique zoo humain s'étend à ses alentours, où les visiteurs peuvent nourrir leur imaginaire des clichés les plus insoutenables sur les populations "sauvages" ou "primitives" sauvées par les bienfaits de la colonisation. Démarrée comme une aventure personnelle et lucrative par Léopold II, la colonisation du Congo a eu sa propagande, ses mensonges et son storytelling bien rôdé. Au coeur de ce processus, le Musée de Tervuren a pris sa part: les objets (souvent sacrés) arrachés aux populations soumises, les reconstitutions et les statues étalaient une vision de l'Histoire plaçant le Blanc au sommet de l'évolution et le Noir coincé dans ses tréfonds. Replaçant ses objets dans leur contexte, les représentations dans leur environnement mental et pédagogique, ce documentaire fait le bilan de cette époque sombre tout en racontant l'extraordinaire mue du Musée aujourd'hui rouvert, conçu comme un espace de dialogue, prêt à se confronter à l'Histoire, au vécu de ses témoins et de leurs descendants. Mais qu'en est-il de la restitution des biens spoliés? Mettre les représentations rances sous l'éteignoir n'est-ce pas une manière de les ignorer au risque de les voir ressurgir? Toutes ces questions sont abordées par l'équipe scientifique et les experts, dans un espoir de réconciliation. Le docu sera suivi d'un débat animé par Sacha Daout et Élodie de Sélys.