Tim Burton adaptant Lewis Carroll, quoi de plus naturel? Si sa version de Alice in Wonderland porte résolument sa griffe - passée l'ouverture dans un jardin anglais, on se retrouve en terrain familier, en effet -, le film du cinéaste américain rencontre aussi on ne peut mieux l'imaginaire de l'écrivain britannique. Pour peu, on jurerait qu'ils ne faisaient qu'un dans une autre vie - éventualité qui a d'ailleurs le don de beaucoup amuser l'auteur d' Edward Scissorhands. Burton, on le retrouve tel qu'en lui-même, vêtu de noir de pied en cap, la tignasse hirsute, et le regard pétillant derrière ses lunettes légèrement fumées. Le réalisateur est d'excellente humeur - le résultat conjoint, qui sait, d'une première londonienne réussie, la veille au soir, et de la levée des menaces pesant sur la sortie de son film dans les salles anglaises? (1) - , et expansif comme rarement. Voilà 3 ans déjà que Disney l'a approché pour se lancer dans l'aventure d'Alice. Une perspective qu'il n'a pas tardé à trouver séduisante, des raisons techniques - "d'emblée, il était question de faire le film en 3D, et cela a influé sur ma décision. La 3D m'intéressait, j'avais le sentiment de faire face à la meilleure conjonction possible entre un médium et le matériel" - s'ajoutant à l'immense potentiel offert par les contes de Lewis Carroll.
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