Si on en doutait encore, le feuilleton et l'issue du Brexit l'ont rappelé avec fracas: les Anglais cultivent fièrement leurs particularismes. Notamment au niveau vestimentaire. Avec une exubérance décomplexée qui frise parfois le ridicule, chaque classe sociale arbore son "uniforme", entretenant ainsi...

Si on en doutait encore, le feuilleton et l'issue du Brexit l'ont rappelé avec fracas: les Anglais cultivent fièrement leurs particularismes. Notamment au niveau vestimentaire. Avec une exubérance décomplexée qui frise parfois le ridicule, chaque classe sociale arbore son "uniforme", entretenant ainsi consciemment ou non une ségrégation économique particulièrement rude et visible outre-Manche. Aux prolos les tatouages, les tenues casual, les ventres à bière et les rassemblements populaires, matchs de foot ou carnavals de quartier; aux aristos les chapeaux hauts de forme, les vieilles pierres, l'esprit de caste et les événements hyper select, chasses à courre ou courses hippiques. Pro-européen convaincu, le photographe et documentariste Martin Parr traque depuis des lustres ses compatriotes dans leur quotidien le plus ordinaire. L'an dernier, Brexit oblige, il a publié un livre - Only Human, chez Phaidon- qui tire le portrait composite de l'Angleterre des années 2010 et qui, bien mieux qu'un long discours, révèle les différentes facettes de l'identité britannique. Si l'excentricité n'est pas un mythe, l'attachement aux traditions non plus, symbolisé par l'omniprésence de l'Union Jack. La plupart des clichés auraient d'ailleurs pu être pris il y a 40 ans tant les us et coutumes ancestrales survivent sous le vernis de la mondialisation. Construire un projet européen commun imposait à Albion de perdre une partie de son âme. Aussi indigeste qu'un steak de cheval pour une majorité d'Anglais.