Il y a un roi, le King, Elvis Presley, mais il n'y a qu'un Dieu, c'est Gene Vincent, le mythe fondateur, comme Robert Johnson (...)" Didier Borra, 50 piges, c'est Johnny Burnette chez Platon, Bo Diddley chez John Fante, l'Italie à Bruxelles, une gueule qu'on n'oublie pas. Surtout quand on l'a vue en scène au début des années 80 avec les Wild Ones, groupe qui désosse standards et originaux dans un souffle rock'n'roll gavé d'électricité névrotique. On se souvient de Borra, menaçant, cou...

Il y a un roi, le King, Elvis Presley, mais il n'y a qu'un Dieu, c'est Gene Vincent, le mythe fondateur, comme Robert Johnson (...)" Didier Borra, 50 piges, c'est Johnny Burnette chez Platon, Bo Diddley chez John Fante, l'Italie à Bruxelles, une gueule qu'on n'oublie pas. Surtout quand on l'a vue en scène au début des années 80 avec les Wild Ones, groupe qui désosse standards et originaux dans un souffle rock'n'roll gavé d'électricité névrotique. On se souvient de Borra, menaçant, courbé sur son micro, éclatant des grappes fifties avec une bande de musicos virulents. " On a énormément tourné, partout, et en Angleterre où on s'est retrouvé programmé avec les Blue Caps (ex-accompagnateur de Vincent, ndlr) , où je me suis fait embrasser par leur batteur." Nourri aux Flintstones que la BRT passe en version originale sous-titrée, ce fils d'ingénieur chimiste du Piémont est gavé par les vinyles de ses (6) frères et s£urs, et y trouve une fascination pour la culture anglo-américaine jamais démentie. Achetant en période punk Clash, Iggy Pop et les Pistols, autant que les raretés Sun. Pendant 14 ans, il habite d'ailleurs en Angleterre avec un break de quelques mois à Los Angeles. Revenu en 2008 à Bruxelles, ce dévoreur de comics et de littérature -jusqu'à 1000 pages semaine de Nick Tosches, Céline ou Lovecraft- travaille en solitaire à des projets d'écriture qu'il ne dévoile pas. Dans une conversation aux longueurs dovstoïevskiennes, Borra, cultivé et mystique, est rejoint par son pote Patrick Ouchène. A 44 ans, ce dernier est connu pour son Copycat de l'Eurovision 2009, mais aussi pour ses groupes, The Domino's et Runnin' Wild. Il se présente comme un " authentique porteur de croix de cette musique, révolution culturelle qui n'a tué personne (...), et qui, aux Etats-Unis, a fait gagner des années sur l'apartheid de fait entre noirs et blancs". Outre une foi inébranlable dans les variantes rock'n'roll, Ouchène trimballe un amour du jazz, du jive et du swing. Le week-end de notre rencontre, il programme 3 jours de rockabilly lors d'un rassemblement Harley-Davidson au Heysel. " Avec Runnin' Wild, uniquement composé de musiciens flamands, je tourne essentiellement en Flandres. Aux Etats-Unis, le rockabilly fait un in-croyable retour en force, mais ici aussi, les choses bougent. On doit avoir 20 festivals du genre en Belgique cet été... " l u www.myspace.com/runningwildrockabilly u www.myspace.com/wildones1980Ph.C.