"Ignorance"

Sous le nom de The Weather Station, la Canadienne Tamara Lindeman (Toronto, 1984) n'a cessé de donner toujours plus d'ampleur à sa musique. De ses débuts folk, largement acoustiques, il ne reste ainsi plus grand-chose sur Ignorance, son cinquième album. Si la mèche des morceaux a bien été allumée en solo, ils se so...

Sous le nom de The Weather Station, la Canadienne Tamara Lindeman (Toronto, 1984) n'a cessé de donner toujours plus d'ampleur à sa musique. De ses débuts folk, largement acoustiques, il ne reste ainsi plus grand-chose sur Ignorance, son cinquième album. Si la mèche des morceaux a bien été allumée en solo, ils se sont ensuite construits en groupe. En ouverture, par exemple, Robber se déploie lentement, faisant monter petit à petit l'intensité, vrillant sous les cordes et les digressions du saxophone. Au passage, Lindeman y épingle les excès d'un capitalisme vicieux, qui a réussi à faire accepter ses ravages à ses premières victimes - "The robber don't hate you/He had permission/Permission by words, permission of thanks/Permission by laws, permission of banks".Après sa dernière tournée, Lindeman explique qu'elle a étudié en profondeur la question climatique. On retrouve forcément la thématique en filigrane d' Ignorance. Mais sans pour autant que le disque ne vire au manifeste écolo ou au discours culpabilisant. Recouvrant ses angoisses d'un soyeux manteau pop, plus très loin par moments de Fleetwood Mac, l'album s'inquiète en réalité autant du dérèglement de la planète que de l'incapacité de chacun à réagir, comme paralysé devant la catastrophe imminente. Sur Atlantic, Tamara Lindeman raconte son angoisse devant les nouvelles au JT: "I should really know better than to read the headlines/Does it matter if I see?/No really, can I not just cover my eyes?" Sous la luxuriance musicale pointe ainsi l'intime, touchant et réconfortant