Sur Netflix, les séries se suivent et commencent un peu à se ressembler, sous des emballages divers pourtant aguichants. Avec The Umbrella Academy, adapté du comics éponyme des éditions Dark Horse signé Gerard Way et Gabriel Bá, le bingo est lancé: superpouvoirs, ados puis jeunes adultes aux prises avec un monde menacé de destruction, agence gouvernementale secrète chargée de les traquer, esthétique martiale gore et gothique, références nostalgiques à la pop culture. Si ces dernières fonctionnent bien dans le premier épisode, l'usage répétitif et frimeur, à l'instar de ce qui se fait sur Stranger Things, devient un gadget pompeux. Toutefois, tous les bébés ne sont pas à jeter avec l'eau du bain, loin de là. Et cela vaut mieux pour les 43 nouveaux-nés à qui, un beau jour, des mères, même pas enceintes le matin même, ont donné naissance, rejouant l'immaculée conception à l'échelle planétaire. Un riche reclus excentrique en adopte sept et les entraîne à devenir des superhéros, tous, sauf une, ayant hérité de superpouvoirs. Un autre mourra au combat. Le noyau ayant éclaté pour une raison que la série distille avec une superbe lenteur, ils se retrouvent quinze ans plus tard à l'occasion du décès de leur père adoptif. Mort naturelle ou meurtre? La réponse est-elle liée à l'apocalypse censée advenir sous huitaine -d'après l'un des leurs, capable de sprinter vers le futur et d'en revenir? L'intrigue, un peu épaisse, est toutefois dynamisée par des acteurs succulents, Ellen Page en tête, sidérante de mélancolie dans le rôle du Calimero de la famille.

Une série Netflix créée par Steve Blackman. Avec Ellen Page, Tom Hopper, Robert Sheehan.

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