Filmer l'ennui adolescent d'une époque révolue au son de chansons anachroniques? Ça ressemble à du Sofia Coppola, mais non, raté. The Pursuit of Love est la première réalisation de l'actrice anglaise Emily Mortimer. La minisérie est adaptée d'un best-seller de 1945 de sa compatriote Nancy Mitford. Dans l'Angleterre de l'entre-deux-guerres, la narratrice, Fanny (Emily Beecham), et Linda (Lily James), ...

Filmer l'ennui adolescent d'une époque révolue au son de chansons anachroniques? Ça ressemble à du Sofia Coppola, mais non, raté. The Pursuit of Love est la première réalisation de l'actrice anglaise Emily Mortimer. La minisérie est adaptée d'un best-seller de 1945 de sa compatriote Nancy Mitford. Dans l'Angleterre de l'entre-deux-guerres, la narratrice, Fanny (Emily Beecham), et Linda (Lily James), deux cousines cloîtrées dans le château de famille par l'oncle Matthew (campé par un Dominic West à contre-courant), père tyrannique de cette dernière, rêvent à leur vie future, à l'amour -et, pour Linda, à " copuler dans l'eau, comme deux canards, avec le prince de Galles"... Du fond de la lingerie où se tiennent les réunions de leur société secrète dite des " honorables", Linda décide qu'il est temps, à 17 ans, que leur vie commencent... The Pursuit of Love ne se cantonnera pas aux rêveries des deux jeunes filles avachies dans leur placard: du bal des débutantes aux charmes d'un Paris à la lisière de la guerre, en passant par une escapade hispanique avec des camarades communistes, la délurée Linda et son coeur d'artichaut vont multiplier les aventures (et les mariages!); quand Fanny, elle, se dirige vers une vie, à son image, bien rangée. Les décors, les costumes, la photographie... Tout est méticuleusement soigné -et on guette chacune des apparitions de Lord Merlin (l'inestimable Andrew Scott, en dandy Dada). Avec ces textes incrustés pour présenter les personnages dans quelques séquences clipesques, on pense aussi à Wes Anderson. Emily Mortimer n'atteint peut-être pas le niveau de ces modèles, mais dépeint très bien ce fameux spleen adolescent. Au fil de l'intrigue, elle évoque aussi, inévitablement, mais peut-être un brin trop rapidement, la place de la femme dans nos sociétés. Ne boudons pas notre plaisir, la série est légère et sucrée comme de la barbe à papa.