Habitué du genre, Mike Flanagan ( Ouija: Origin of evil) adapte un classique de la littérature d'épouvante, La Maison Hantée de Shirley Jackson (1959), qu'on pensait épuisé. Mais au lieu de coller à ce lieu commun de l'horreur voulant qu'un lourd secret mène les protagonistes vers un châtiment sûr et cruel, il lui s...

Habitué du genre, Mike Flanagan ( Ouija: Origin of evil) adapte un classique de la littérature d'épouvante, La Maison Hantée de Shirley Jackson (1959), qu'on pensait épuisé. Mais au lieu de coller à ce lieu commun de l'horreur voulant qu'un lourd secret mène les protagonistes vers un châtiment sûr et cruel, il lui substitue une histoire beaucoup plus subtile et dramatique, et surtout submergée d'émotions. Hugh et Olivia Crain ont emménagé avec leurs enfants -Steven, Shirley, Theo et les jumeaux Nell et Luke- dans le manoir de Hill House. Des manifestations paranormales, ainsi qu'une mort dramatique et mystérieuse vont plonger la famille endeuillée dans un chapelet de souffrances et de visions. Chaque épisode use de longs flash-backs pour détailler le passé de chacun des enfants, et revient explorer leur trauma et ses conséquences sur leur présent alors qu'ils sont dans leur vie d'adulte, optant pour un style propre à la personnalité et la problématique de chacun. Les revenants et spectres qui les visitent paraissent comme les incarnations des non-dits entourant le décès originel, et plongent le spectateur dans l'effroi par un habile jeu de champ-contrechamp. Avec sa mise en scène (qui peut osciller entre un Six Feet Under et un slasher élégant), sa scénographie et sa cinématographie soignée jusque dans les détails d'un clair-obscur bien ajusté, The Haunting of Hill House se révèle une série d'épouvante, certes, mais particulièrement émouvante.