"No Geography"

Qui l'eût cru? Après plus de 25 ans d'activité, les Chemical Brothers continuent de faire parler la poudre. Soyons honnêtes: ce n'est pas complètement une surprise. Là où tant de héros dance des années 90 se sont perdus en cours de route, le duo formé par Tom Rowlands et Ed Simons n'a jamais vraiment commis de faux pas. Certes, sur les huit albums parus jusqu'ici, tous n'ont pas eu le même impact qu' Exit Planet Dust (1995) ou Dig Your Own Hole (1997), loin s'en faut. Mais aucun n'a jamais démérité ou glissé dans la routine. C'est encore le cas du nouveau No Geography. Mieux: les Chemical Brothers retrouvent ici une force de frappe et une hargne inédites. Est-ce le chaos de l'époque qui convient particulièrement bien à la furie électro des Chemical Brothers? Toujours est-il que le duo retourne au front, en faisant preuve d'une sauvagerie sonique revigorante. Se passant de l'habituel casting quatre étoiles, Rowlands et Simons préfèrent inviter des voix moins connues (la Norvégienne Aurora Aksnes, la Japonaise Nene), ou miser sur les sample (un choeur pygmée sur le très justement intitulé Mad As Hell). Il n'est pas question ici de renouveler de fond en comble le son des frères chimiques -on reste en territoire connu. Mais bien de lui redonner un coup de fouet, une nouvelle urgence. Ressortant les sirènes comme au plus fort de la vague rave ( Free Yourself) et multipliant les secousses house ( Eve of Destruction, Got to Keep On), No Geography enchaîne les morceaux de bravoure, à l'image de l'improbable épisode acid-gospel de We've Got to Try. Bluffant.

Distribué par Universal. En concert le 09/08 aux Lokerse Feesten.

8