À Detroit, épicentre de la désindustrialisation et du rêve américain devenu cauchemar, une émission de téléréalité sélectionne 20 danseurs amateurs, issus de tous horizons, pour monter le ballet Le Lac des cygnes. Mais le producteur cynique, agrippé à son cahier des charges sensationnaliste...

À Detroit, épicentre de la désindustrialisation et du rêve américain devenu cauchemar, une émission de téléréalité sélectionne 20 danseurs amateurs, issus de tous horizons, pour monter le ballet Le Lac des cygnes. Mais le producteur cynique, agrippé à son cahier des charges sensationnalistes, et sa chorégraphe acariâtre ignorent que cette bande de bras cassés va tout mettre en oeuvre pour transformer ce moment de voyeurisme en triomphe. Et faire advenir cette seconde chance qui leur revient de droit. Une mère solo, un jeune divorcé qui cumule les bullshit jobs, une journaliste au mariage dissolu, une rescapée d'un cancer du sein, un joueur star de foot alcoolique et autodestructeur font partie de cette compagnie atypique qui rassemble tout ce que l'Amérique semble avoir laissé sur le carreau. Sans faire dans la finesse, The Big Leap réussit néanmoins, conjuguant dialogues bien sentis, séquences dansées euphorisantes célébrant la body positivity, actions réparatrices et dénouements sparadraps, à déployer sa petite musique empathique et réparatrice. La bande son titille le large spectre des émotions et chatouille la glande lacrymale alors que l'on observe chacune et chacun prendre une sacrée revanche sur la vie. Loin d'une satire de la téléréalité, The Big Leap enchaîne les moments de réconfort et les sursauts de solidarité.