Attendu comme le messie, Baldur's Gate 3 représentera dignement la Belgique sur la scène mondiale du développement gaming en cette rentrée. Notre pays n'a toutefois pas attendu que les Gantois de Larian Studios affûtent leur vision du jeu de rôle ces dix dernières années (sur la série Divinity) pour briller hors de ses frontières. L'histoire est peu connue, mais notre pays s'est distingué bien avant cela grâce à Yves Grolet et Franck Sauer, deux ados qui bidouillaient des jeux sur Commodore 64, chez leurs p...

Attendu comme le messie, Baldur's Gate 3 représentera dignement la Belgique sur la scène mondiale du développement gaming en cette rentrée. Notre pays n'a toutefois pas attendu que les Gantois de Larian Studios affûtent leur vision du jeu de rôle ces dix dernières années (sur la série Divinity) pour briller hors de ses frontières. L'histoire est peu connue, mais notre pays s'est distingué bien avant cela grâce à Yves Grolet et Franck Sauer, deux ados qui bidouillaient des jeux sur Commodore 64, chez leurs parents, à Fosse-la-Ville, à la fin des années 80. Une passion qui les a amenés à développer une technologie 3D inédite et à engager l'Orchestre de Moscou pour donner vie à Outcast, en 1999. Entre StarGate et Jurassic Park, cet univers mystique et sud-américain préfigurait des open world comme GTA. Le duo, qui se retrouvait alors à la tête d'un projet d'1,5 million d'euros, comptait déjà alors plusieurs faits d'armes, épaulés par des éditeurs en vue, comme Lankhor et Ubisoft. En 1991, leur jeu Unreal préfigurait l'originalité du monde ouvert du cultissime Outcast. Ce titre fantasy jonglant entre plusieurs styles ( beat them all, platformer et shooter arcade tout en pseudo 3D à la Space Harrier) était suivi d'une autre claque graphique: Agony, jeu de tir 2D, vu de profil, qui glissait le joueur dans la peau d'un hibou. Ce héros inhabituel confronté à des piranhas, des fourmis géantes et autres moustiques bizarres volait dans de somptueux décors via une animation parallaxe à trois niveaux. Un exploit technique, encore largement commenté sur YouTube aujourd'hui. Obsédé par l'excellence graphique, Yves Grolet et Franck Sauer passèrent à la vitesse supérieure en 1993 avec Ultimate Tennis. Le duo rejoint par Yann Robert se mit en tête avec ce projet de dessiner sa propre carte d'arcade et travailla avec les Liégeois de Deltatec, qui produisirent son circuit imprimé. Ce titre photoréaliste connut un certain succès commercial, jusqu'à être distribué par Banpresto dans les salles d'arcade... japonaises! Les ambitions internationales et l'obsession graphique de Grolet et Sauer les ont poussés à voir encore plus loin avec Outcast. Avec à peine 400 000 copies vendues, Infograme ( Alone in the Dark, V-Rally...) son éditeur n'est pas rentré dans ses frais. Mais Outcast n'est pas mort. Après une récente réédition HD, ce dernier ferait en effet -selon la rumeur- l'objet d'une suite chez Appeal à Charleroi. À quand le come-back du jeu vidéo wallon?