Après la rocambolesque affaire O.J. Simpson l'an dernier, la série criminelle American Crime Story change de registre pour aborder non sans fascination le personnage d'Andrew Cunanan. Le tueur en série dont la folle course a culminé avec l'assassinat du styliste Gianni Versace, alors au faî...

Après la rocambolesque affaire O.J. Simpson l'an dernier, la série criminelle American Crime Story change de registre pour aborder non sans fascination le personnage d'Andrew Cunanan. Le tueur en série dont la folle course a culminé avec l'assassinat du styliste Gianni Versace, alors au faîte de la gloire, sur le seuil de sa maison de Miami Beach, en Floride, le 15 juillet 1997, est ici objet de compassion et de répulsion. C'est qu'il est une allégorie parfaite du mensonge, du narcissisme de la société du spectacle et de la consommation, ainsi que des ravages de l'homophobie. Dans un continuum temporel morcelé (le même que celui de la série This Is Us), fait d'allers et de retours incessants dans le passé, le récit évoque les destins parallèles traumatiques du tueur et de son ultime victime. Ayant choisi une esthétique de thriller érotique télévisé des années 90, Ryan Murphy ne parvient pas à s'affranchir de sa propre obsession pour le paraître et la dissimulation. Les scènes entre Gianni (Édgar Ramírez) et Donatella Versace (Penélope Cruz) sont assez pénibles tant l'actrice en fait des tonnes, mais Ricky Martin dans le rôle de l'amant du styliste est singulièrement touchant. Darren Criss est époustouflant en gigolo/escroc/tueur narcissique oppressé puis contaminé par les codes de la virilité toxique et un besoin tragique de reconnaissance.