Les Halles de Schaerbeek se mettent à l'heure numérique à travers la seconde édition de Visions. La splendide architecture de verre et de métal du lieu fait tant place à une série de dispositifs de haute technicité qu'à des pièces d'artistes émergents se passant de composants électroniques. Débauche et économie de moyens se côtoient sans faire naître d'éclipse. Moins lié par une véritable thématique que par un cl...

Les Halles de Schaerbeek se mettent à l'heure numérique à travers la seconde édition de Visions. La splendide architecture de verre et de métal du lieu fait tant place à une série de dispositifs de haute technicité qu'à des pièces d'artistes émergents se passant de composants électroniques. Débauche et économie de moyens se côtoient sans faire naître d'éclipse. Moins lié par une véritable thématique que par un climat empreint de sacré, l'événement mise sur l'hybridation -cinéma, chorégraphie, tissage, jeu sur les quatre éléments...- à travers une scénographie foisonnante. Parmi les temps forts de la manifestation, il faut pointer la Matrice Liquide 3D de Shiro Takatani. À la fois membre fondateur et directeur artistique du collectif japonais Dumb Type, Takatani a imaginé un support générant des créations liquides. L'idée, qui lui est venue en 2001, a fait son chemin pour aboutir à un dispositif composé de 900 électrovalves. Contrôlées chacune par ordinateur, les valves en question forment une grille de 30 filets d'eau de côté. Le résultat? "Une sorte de vidéo liquide où les pixels sont remplacés par des gouttes d'une résolution certes très basse (30 pixels/gouttes par 30 pixels/gouttes)" mais dont l'effet est décuplé en raison de l'aspect tridimensionnel de l'oeuvre. Des talents, à l'instar du co-fondateur de Granular-Synthesis Ulf Langheinrich, ont la possibilité de s'emparer de la matrice pour donner naissance à une composition originale. Dans un tout autre genre, parfaite illustration du versant "arte povera" de la manifestation, on pointera Trame sensible -Liaison vibratoire, un projet imaginé par la designer et plasticienne textile Elise Peroi, confrontant une structure à trame analogique et une structure à trame numérique. Entre les deux, pas de rupture mais une étonnante continuité des schèmes à l'oeuvre. Le tout pour un projet hyperesthésique qui adosse la vision et l'écoute de manière aussi puissante qu'inédite. Visions, Halles de Schaerbeek, 22a rue Royale Sainte-Marie, à 1030 Bruxelles. du 13 au 27/10. www.halles.beMICHEL VERLINDEN