Emporté en 1986, à l'âge de 54 ans à peine, par un cancer du poumon, Andreï Tarkovski n'a tourné que sept longs métrages. Peu de cinéastes, pourtant, peuvent se prévaloir d'avoir laissé une empreinte aussi indélébile sur leur médium, l'oeuvre de l'artiste soviétique continuant d'ailleurs d'exercer une influence considérable. D'Andreï Zviaguintsev à Nuri Bilge Ceylan, de Lars von Trier à Steven Soderbergh (qui devait signer un remake de Solaris), et jusqu'à tout récemment Pietro Marcello pour son Martin Eden, on ne compte plus les réalisateurs à s'en être réclamés, liste du reste extensible à loisir. C'est dire si la parution d'un coffret réunissant ses cinq films russes (1) -ses démêlés incessants avec les autorités et la censure locales l'inciteront à quitter l'URSS pour tourner ses deux derniers opus, Nostalghia et Le Sacrifice, en Italie et en Suède respectivement- fait figure d'événement. A fortiori dès lors qu'une restauration étincelante restitue à l'oeuvre son ensorcelante beauté, tout en laissant intact son mystère.
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