Réalisateur bien connu des amateurs de cinéma indépendant américain, Jim Mickle ( We Are What We Are, Cold in July) avait déjà, il y a quelques années, développé la série Hap and Leonard pour Sundance TV. C'est pour Netflix qu'il signe cette fois Sweet Tooth, adaptée du comic book de l'excellent dessinateur et scénariste canadien Jeff Lemire ( Essex County, Black Hammer). Transposée à l'écran, l'histo...

Réalisateur bien connu des amateurs de cinéma indépendant américain, Jim Mickle ( We Are What We Are, Cold in July) avait déjà, il y a quelques années, développé la série Hap and Leonard pour Sundance TV. C'est pour Netflix qu'il signe cette fois Sweet Tooth, adaptée du comic book de l'excellent dessinateur et scénariste canadien Jeff Lemire ( Essex County, Black Hammer). Transposée à l'écran, l'histoire de ce dernier résonne furieusement avec la réalité du monde tel qu'il tourne ces derniers mois. Virus, masques, couvre-feu, espoir d'un vaccin, peur d'une nouvelle vague... Faisant suite au grand effondrement provoqué par une grave pandémie, tout l'univers post-apocalyptique de Sweet Tooth semble en effet chercher à tendre un miroir grossissant aux préoccupations de notre époque par le biais de la fable. Au coeur de ce chaos apparaît une nouvelle espèce d'enfants hybrides. Mi-humains mi-animaux, ils sont persécutés pour leur différence. C'est le cas notamment de Gus, jeune mutant aux bois de cerf bien décidé à remonter le fil de ses origines... Passé un premier épisode en forme de retour à l'état de nature plutôt séduisant, l'aventure à hauteur d'enfant montre, hélas, rapidement ses limites. En diluant et en édulcorant absurdement les enjeux de l'oeuvre de Lemire, la série, produite par Robert Downey Jr., patine et pèche par excès de simplisme -à l'instar de cette voix off caverneuse de vieux conteur qui n'en finit pas de débiter d'assommantes formules creuses. Tout, au fond, dans cette première saison, est immédiatement et platement expliqué, sans possibilité d'inscription du mystère dans la durée. Même la photographie de la série, très lisse, artificielle, manque de profondeur -sans même parler des effets spéciaux... En résulte le sentiment tenace d'assister à une succession mollassonne de situations naïves qui peinent à faire lien et, surtout, plus grave, à faire monde.