"Athena"

Sans la connaître personnellement, on devine que l'Américaine Brittney Parks est du genre têtue. Déjà par le seul fait qu'il en faut, en effet, de l'entêtement et de l'acharnement pour décider d'apprendre en autodidacte un instrument aussi ingrat que le violon, au point d'en faire sa signature musicale. Après deux EP ( Sudan Archives et Sink), Parks sort aujourd'hui un premier album qui est forcément marqué par les glissando de son archet. Heureusement, sans que celui-ci ne devienne un gimmick embarrassant: Parks s'en sert moins comme paravent que comme révélateur de ses états d'âme.

Il est surtout le symbole d'une vision musicale qui trouve ici un premier aboutissement . " I'm too unique to kneel" , explique ainsi celle qui se cache derrière le pseudo Sudan Archives. Dans le morceau en question, Confessions, elle revient sur l'épisode fondateur de son parcours musical, quand foutue dehors du domicile familial, elle quittera Cincinatti pour rejoindre Los Angeles (" There is a place that I call home/But it's not where I am welcome"). Jouant sur les références classiques européennes ( Athena, Black Vivaldi Sonata), la jeune femme laisse surtout son violon traîner du côté des musiques d'Afrique du Nord ou de l'Est ( Glorious). Dans tous les cas, ce qui domine avant tout, c'est bien son sens de l'expérimentation. Décalée mais jamais distante, Sudan Archives réussit à créer sa propre bulle musicale. Après le When I Get Home de Solange et le Magdalene de FKA Twigs, Athena creuse de la même manière un r'n'b audacieux ( Honey, Green Eyes), soul électronique lancinante ( Coming Up, Pelicans In The Summer, Iceland Moss) qui ne manque ni de charme, ni de classe.

Distribué par Stones Throw.

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