Grandiloquence maniaque qui frise volontairement le grotesque voire le grand-guignol pur, jeux de pouvoir carnassiers, cynisme outrancier, cruauté exacerbée, vulgarité sur-dialoguée... On connaît désormais la formule qui fait la réussite de Succession, cousine surdouée des House of Cards, Billions et autres Empi...

Grandiloquence maniaque qui frise volontairement le grotesque voire le grand-guignol pur, jeux de pouvoir carnassiers, cynisme outrancier, cruauté exacerbée, vulgarité sur-dialoguée... On connaît désormais la formule qui fait la réussite de Succession, cousine surdouée des House of Cards, Billions et autres Empire qui l'ont précédée. Grande gagnante des récents Emmy Awards, la série de Jesse Armstrong a des allures de tragédie familiale aux accents shakespeariens marqués, doublée d'un freak show moral permanent aux jouissifs excès. Produit par Adam McKay ( The Big Short, Vice), qui en a également défini la charte graphique, l'objet s'intéresse en mode crevage d'abcès aux rivalités qui grondent chez les Roy, clan new-yorkais emmené par un patriarche tyrannique à la tête d'un puissant conglomérat médiatique. Procédant notamment par zooms rapides et signifiants, son ambitieuse mise en scène rend bien l'idée d'un Stratego géant au cours duquel chacun tente désespérément de placer ses pions. L'intensité ne faiblit pas dans cette deuxième saison qui pousse encore un cran plus loin l'idée d'une monstrueuse intempérance -à cet égard, l'épisode de la partie de chasse en Hongrie est un petit modèle en soi, aussi irrésistible qu'inconfortable. Succession n'a aucun sens de la mesure, et c'est précisément pour ça qu'on l'aime. Invitation sur le plateau de tournage et plongée dans les coulisses des dix épisodes de cette deuxième saison en suppléments DVD.