"Apollo XXI"

Âgé d'à peine 21 ans -il les a fêtés la veille de la sortie du présent album, Apollo XXI-, Steve Lacy présente déjà un solide CV. Guitariste (et producteur) du groupe The Internet depuis 2015, il a sorti un premier projet, Steve Lacy's Demo, fameux pour avoir été entièrement réalisé avec son iPhone. Celui qui...

Âgé d'à peine 21 ans -il les a fêtés la veille de la sortie du présent album, Apollo XXI-, Steve Lacy présente déjà un solide CV. Guitariste (et producteur) du groupe The Internet depuis 2015, il a sorti un premier projet, Steve Lacy's Demo, fameux pour avoir été entièrement réalisé avec son iPhone. Celui qui s'est initié à la guitare grâce au jeu vidéo Guitar Hero a également apporté sa touche sur les disques de Kendrick Lamar (le morceau Pride sur l'album Damn!), MacMiller, Solange, Blood Orange, Kali Uchis, ou encore Vampire Weekend (le single Sunflower sur leur récent Father of The Bride). Impressionnant... De quoi évidemment déclencher les attentes les plus folles pour ce premier véritable album. Autant tuer directement tout suspense : Apollo XXI ne les rencontre (évidemment) pas. Ce qui ne veut pas dire qu'il n'est pas réussi. Principalement inspiré par la soul et le funk seventies/eighties (Prince n'est pas loin sur Love 2 Fast), Lacy réussit par exemple toujours à décaler assez le curseur que pour ne pas tomber dans le simple exercice vintage. C'est évident sur la déclaration d'intention queer Like Me ( "I see no gender, how many out there just like me?") ou encore le disco- no wave de Guide. En toute fin, sur Outro Freestyle/4ever, Lacy déborde même plus franchement vers le rap, avant de glisser une séquence gospel. Mais sans jamais se départir d'une certaine indolence. C'est d'ailleurs cette nonchalance qui fait tout le charme du disque, quitte à créer du coup, parfois, une certaine distance.