Jusqu'au 22 septembre

Après une exposition remarquable et remarquée au Centre Pompidou, l'oeuvre de Stéphane Mandelbaum est désormais présentée au Musée Juif de Belgique. Il y a à la fois de la rédemption et de la malédiction dans cet accrochage que l'on ne manquera sous aucun prétexte. Rédemption? Il n'est pas sans ironie de voir Mandelbaum exposé dans cet endroit, lui qui, étant de mère arménienne, n'a pas eu droit, en dépit de ce qu'il aurait ardemment souhaité, à des obsèques selon le rituel juif. Malédiction? Plus de 40 ans après la disparition de l'intéressé, c'est maintenant ou jamais, notamment en raison des questions de préservation et de conservation qui se posent, que l'oeuvre fulgurante et brutale de Mandelbaum devrait être idéalement donnée à voir dans un musée des Beaux-Arts... plutôt que dans un lieu d'Histoire du judaïsme. Il reste que l'initiative, plus que bienvenue, contribue à la diffusion du génie d'une perle noire de la scène artistique belge. Bonne nouvelle, l'accrochage bruxellois fait valoir plus d'oeuvres que celui de Paris. À ne pas rater, les traits émouvants d'un inoubliable portrait de George Dyer, l'amant de Francis Bacon.

© STÉPHANE MANDELBAUM, FRANCIS BACON, COLLECTION GIL WEISS, BRUXELLES ROGER ASSELBERGHS

Où: au Musée Juif de Belgique, Bruxelles.

Infos: www.mjb-jmb.org