Connaissez-vous la bleakquel? Soit la contraction du mot anglais "bleak", qui signifie "lugubre", et du suffixe "quel", tel qu'utilisé dans le terme "sequel" pour désigner une suite au cinéma ou en séries. Popularisé par un journaliste du Guardian, le terme renvoie ainsi à l'idée d'une suite a...

Connaissez-vous la bleakquel? Soit la contraction du mot anglais "bleak", qui signifie "lugubre", et du suffixe "quel", tel qu'utilisé dans le terme "sequel" pour désigner une suite au cinéma ou en séries. Popularisé par un journaliste du Guardian, le terme renvoie ainsi à l'idée d'une suite aux accents crépusculaires. Ce que se propose exactement d'être Star Trek: Picard. Près de deux décennies après le long métrage Star Trek: Nemesis, l'amiral vétéran Jean-Luc Picard (Patrick Stewart, bien sûr), profitant jusque-là d'une retraite bien méritée dans ses vignobles français mais toujours hanté par de vieux démons, y reprend du service en mode "tournée d'adieu". Un (pudique) voile de mélancolie recouvre donc ces nouvelles aventures -possiblement les dernières...- travaillées par le deuil sous toutes ses formes. Relativement accessible pour les non-initiés, la série se revendique de l'influence conjuguée d'Isaac Asimov et d'Alexandre Dumas avec une réussite relative. Quand elle ne retombe pas dans des travers naïfs et stéréotypés (un septième épisode vraiment très faible), cette première saison offre en tout cas un spectacle plutôt convaincant, doublant sa dimension résolument métaphysique d'une ode généreuse à la solidarité et à l'imagination. Plus de deux heures de suppléments Blu-ray.