"And Nothing Hurt"

Un moment, les bios n'ont plus beaucoup de sens. Celle qui nous préoccupe: Jason Andrew Pierce, né en 1965 à Rugby-UK et moteur d'un premier groupe alternatif, Spacemen 3, ultérieurement transformé en Spiritualized, aujourd'hui à son neuvième album depuis l'inaugural de 1992. Le tout dans un brou...

Un moment, les bios n'ont plus beaucoup de sens. Celle qui nous préoccupe: Jason Andrew Pierce, né en 1965 à Rugby-UK et moteur d'un premier groupe alternatif, Spacemen 3, ultérieurement transformé en Spiritualized, aujourd'hui à son neuvième album depuis l'inaugural de 1992. Le tout dans un brouillard de came collective, psychédélisme fantasmé et sensations gospel, prompts à emballer les soucis contemporains. On simplifie un profil qui n'a cessé d'évoluer au fil du temps, gardant l'emphase orchestrale et le refus de l'Arte Povera. Donc, voilà Pierce en roue libre, sans doute parce que l'industrie du disque se fout désormais de son potentiel commercial, n'entendant plus grand-chose à la question, si pas rien. D'où la sensation d'un répertoire transgenre, transépoque, d'autant plus qu'il est essentiellement enregistré par Pierce en chanteur et multi-instrumentiste solo, dans sa maison de l'est de Londres. Home record pas du tout intime qui recule sans cesse les murs du son. Le plaisir, c'est dès l'entame de l'album, A Perfect Miracle: une intro de synthés floydiens et banjo, prélude d'une ballade qui va bientôt gonfler jusqu'à l'extase. Sentiment qui consiste aussi à placer un solo de guitare incendiaire dans le titre suivant ou à inonder de spleen la plus belle chanson du disque, Let's Dance. Le tout porté par la voix éraillée de Pierce, à l'opposé du feu d'artifice orchestral d'un album qui cherche et trouve la transcendance joyeuse.