Le croisement est fécond, il est signé par la galerie Les Drapiers dont la programmation est souvent imparable. Faire se rencontrer des univers visuels par-delà les générations, voilà bien un horizon salutaire pour la créa...

Le croisement est fécond, il est signé par la galerie Les Drapiers dont la programmation est souvent imparable. Faire se rencontrer des univers visuels par-delà les générations, voilà bien un horizon salutaire pour la création. Ce genre de mise en perspective montre combien similaires sont les problématiques qui travaillent les artistes. Les réponses, elles, varient mais pas autant qu'on pourrait le croire. C'est flagrant lorsque l'on juxtapose les grands formats de Léa Belooussovitch (France, 1989) et les photographies de Jean-Pierre Ransonnet (Belgique, 1944). La première transpose des images de presse brutales sur du feutre blanc industriel. Elle le fait au moyen de crayons de couleur. Le résultat consiste en une atténuation, un voile pudique posé sur une réalité insoutenable. Ransonnet, quant à lui, photographie, écrit et colorie les forêts ardennaises de manière obsessionnelle. Au bout de ces deux démarches, le réel transfiguré et surtout bien plus supportable.