Quoi de plus délicieux que de commencer l'année en se replongeant dans l'un des plus beaux films de 2019? Avec l'incroyable So Long, My Son, le Chinois Wang Xiaoshuai ( Beijing Bicycle, Shanghai Dreams), au sommet de son art, signe une immense fresque feuilletonnante de près de trois heures couvrant quatr...

Quoi de plus délicieux que de commencer l'année en se replongeant dans l'un des plus beaux films de 2019? Avec l'incroyable So Long, My Son, le Chinois Wang Xiaoshuai ( Beijing Bicycle, Shanghai Dreams), au sommet de son art, signe une immense fresque feuilletonnante de près de trois heures couvrant quatre décennies d'une histoire familiale marquée du sceau de la tragédie. Film-puzzle à la sidérante ampleur dont les pièces s'ajustent au fil du récit, cette odyssée intime touchée par la grâce cueille Liyun et Yaojun au début des années 80, alors qu'ils forment un couple uni et épanoui. Mais la mort accidentelle de leur fils, couplée à la décision du régime de mettre en place la politique de l'enfant unique, va les précipiter dans d'insondables tourments dont ils ne se relèveront pour ainsi dire jamais. Durant plus de 30 ans, tandis qu'ils tentent tant bien que mal de se reconstruire, leur destin va irrémédiablement être lié à celui de la Chine contemporaine, dont le film dessine en filigrane le visage en constante mutation. À leur suite, Wang Xiaoshuai multiplie les sauts sur la ligne du temps avec une limpidité exemplaire, tissant patiemment la trame d'un mélodrame à l'intensité lancinante hanté par le deuil et la culpabilité. Appel vibrant à faire la paix avec le passé et ses malheurs, à petite comme à grande échelle, So Long, My Son résonne d'une douloureuse, certes, mais aussi lumineuse beauté. Pas de supplément DVD.