La première saison de cette chronique vitaminée de la naissance du trafic de coke à Los Angeles, dans les années 80, avait laissé un goût de trop peu. Trop maligne, trop travaillée, elle semblait une proposition peu émouvante autour d'un sujet mille fois remis sur l'ouvrage. Mais force est de constater que cette deuxième saison, nourrie des codes des séries B qui ont fleuri dans les années Reagan, lui donne un nouveau souffle plus expérimental, rugueux, retors. Et, chose rare, elle se déguste sans que ses prémices ne lui soient nécessaires. Démarrée en 1983 au coeur du district South Central de L.A., cette histoire raconte le petit trafic de coke du jeune Franklin, qui va être amené à prendre des proportions fulgurantes à mesure qu'explose la demande pour ce produit convoité. Aidé par un sulfureux caïd israélien, Avi, et les petits et gros bras de sa famille soudée, le malin Franklin résiste aux coups de boutoirs et aux magouilles de la CIA, mais le contexte politique (l'intervention au Nicaragua et la lutte anti-communiste en Amérique centrale) va le forcer à hausser le game à la hauteur des enjeux. La série fait alors assaut de scènes à couteaux tirés mais également de dialogues à l'analyse politique et sociétale particulièrement affûtée. Dans ses marges, le récit évoque aussi les débuts de l'épidémie de crack aux USA, finissant de dresser un tableau réaliste et plein de pulpe du narcocapitalisme et de ses piliers sociaux, économiques et politiques.

Série créée par John Singleton, Eric Amadio et Dave Andron. Avec Damson Idris, Carter Hudson, Sergio Peris-Mencheta.

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