Nichée dans une allée à deux pas du pub Renart et Mâtins, une demeure affamée attend son heure. Tous les neuf ans s'y joue un miroir aux alouettes retors sur mesure, orchestré par un frère et une soeur qui préfèrent les âmes aux smoothies. Écrit à l'origine sur Twitter (avant le passage aux 280 caractères, un vrai challenge), Slade House rythme sa macabre et labyrinthique narration au gré des invités qui pénètrent dans la maison pour ne plus jamais en ressortir. S'amusant -et nous à sa suite, initiés autant que néophytes- avec les codes du genre horrifique (le trope du solitaire, les amateurs de surnaturel, le témoin questionnable ou la fête d'Halloween), David Mitchell fait à l'envi grincer les gonds de son roman et nos nerfs.

Roman de David Mitchell, éditions de l'Olivier, traduit de l'anglais (Grande-Bretagne) par Manuel Berri, 272 pages.

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