La deuxième et ultime saison de Sense 8, série au style choral et sensuel, a été précédée d'un moment de grande émotion lorsque Netflix a proclamé qu'elle ne serait pas reconduite. Capable de plonger au coeur d'une action magnifiée par le regard de ses créatrices, de s'autoriser des moments de contemplation en suspension, d'un romantisme échevelé et solaire, la ...

La deuxième et ultime saison de Sense 8, série au style choral et sensuel, a été précédée d'un moment de grande émotion lorsque Netflix a proclamé qu'elle ne serait pas reconduite. Capable de plonger au coeur d'une action magnifiée par le regard de ses créatrices, de s'autoriser des moments de contemplation en suspension, d'un romantisme échevelé et solaire, la série des soeurs Wachowski a prolongé les questionnements autour des identités sexuelles et, plus largement, de la place de chacun dans le grand tout: les huit "sensates", incarnés par un casting déployant toutes les sensibilités et les carnations humaines, vivant sur tous les continents, sont des êtres singuliers, entités connectées les unes aux autres, traquées par le BPO (Biologic Preservation Organization), une officine gouvernementale. Ils sont capables de communiquer à distance, de ressentir le moindre frissonnement intérieur comme s'ils se trouvaient l'un à côté de l'autre, et trouvent le moyen de mettre à contribution cette connexion pour rendre le monde meilleur -pas très start-up nation, comme concept. En douze épisodes gorgés d'une esthétique qui évoque un remix deep house de Sufjan Stevens illustré par des jambes bronzées sur une plage indienne, la deuxième saison a multiplié les intrigues, comme pour donner encore plus de place à ses héros outsiders, transgenres, gays, noirs, métisses, blancs et leurs histoires intimes... et donné quantité de pistes explicatives. Quitte à perdre un peu de cette insouciante naïveté qui jetait des ponts à l'infini. Le dernier épisode, long de près de deux heures, s'épuise dans une volonté de tout couvrir, de ne rien oublier, pas même une morale finale un peu trop sucrée.