L'été, en matière de déplacements esthétiques, on peut faire confiance au Centre d'Art Contemporain du Luxembourg belge, qui a le don de signer d'alléchantes propositions. C'est que le CACLB ne se contente pas de divertir la rétine, il invite tout un chacun à méditer sur les thématiques abordées. Au programme de la nouvelle édition estivale, on pointe la présence de sept plasticiens tentant de mettre à ...

L'été, en matière de déplacements esthétiques, on peut faire confiance au Centre d'Art Contemporain du Luxembourg belge, qui a le don de signer d'alléchantes propositions. C'est que le CACLB ne se contente pas de divertir la rétine, il invite tout un chacun à méditer sur les thématiques abordées. Au programme de la nouvelle édition estivale, on pointe la présence de sept plasticiens tentant de mettre à jour une "seconde nature". L'idée? Coloniser le site de Montauban-Buzenol, articulé autour de plusieurs containers, au moyen d'installations sacrant des matériaux dits "pauvres" -il faudra un jour que l'on s'entende sur cette notion-, à savoir: l'osier, l'herbe et l'arbre. Cette prolifération végétale se mesure jusqu'à l'intérieur des imposantes boîtes de métal. Parmi les différentes oeuvres, on s'émeut des très poétiques Allures de François Génot. L'homme rappelle combien l'artiste peut aussi faire des étincelles en se faisant simple glaneur. Ainsi de sa propension à accumuler les membranes naturelles qui se disséminent dans la nature avec en elles le fruit femelle du bouleau, celles-là même qui portent le nom d'"allure" ayant donné son titre à cette série d'oeuvres. Humblement et patiemment, le plasticien originaire de Strasbourg les rassemble pour les inscrire "à la volée" dans des tableaux en papier cellulose. Le tout se fige comme l'un de ces envols d'oiseaux, isolé par la rétine, qui n'est pas sans évoquer la fragilité du vivant -le visiteur attentif ne pourra s'empêcher d'entendre les sifflements stridents des martinets qui arbitrent les soirs de beau temps. Il y a aussi les "dessins en herbe" de Benoît Félix. Posés à même le sol, ces traits de crayon de couleur sont découpés et dressés vers le ciel. L'oeil s'enthousiasme devant ce gazon qui pousse et indique à quel point " le rêve qui recompose une matière est et n'est pas cette matière". Dommage, on se prendrait volontiers au jeu.