Nous nous étions déjà extasié, dans ces pages, sur l'humour féroce, irrévérencieux et sexy de Julia Davis, actrice, scénariste et réalisatrice quinqua et britannique particulièrement prolixe (une demi-douzaine de séries TV hilara...

Nous nous étions déjà extasié, dans ces pages, sur l'humour féroce, irrévérencieux et sexy de Julia Davis, actrice, scénariste et réalisatrice quinqua et britannique particulièrement prolixe (une demi-douzaine de séries TV hilarantes et bien troussées). Comme ses autres fictions, Sally4Ever pince les codes de la féminité, les injonctions à la maternité, les carcans physiques et psychiques des femmes -les hommes sont tout autant arrosés d'un sarcasme qui fait effet miroir. Incarnée par une Catherine Spheperd déroutante, Sally est une jeune quadra coincée et bien trop conciliante avec son mari David (Alex Macqueen), avec qui elle vit une vie morne, seulement troublée par les outrances de sa mère ou les malheureuses tentatives de son époux de redonner du piment à leur couple (se grimer en cambrioleur pour feindre un viol, c'est moyen, convenons-en). Alors débarque Emma (jouée par Davis), actrice tricarde, danseuse de discothèque à la vie dissolue, qui va mettre sens dessus dessous celle, bien rangée, de Sally et de son mari. Délicieusement borderline.