Certains, après leurs humanités, s'en vont faire un stage de langue dans un pays européen. D'autres partent en stop en Australie... ou en Namibie. C'est le cas de Solenn Bardet. Elle y a rencontré les Himbas, peuple de pasteurs semi-nomades qui vivent dans une région aride et reculée du nord du pays. Depuis 1993, Solenn y passe quelques semaines par an. Elle a été "adoptée" par une famille de l...

Certains, après leurs humanités, s'en vont faire un stage de langue dans un pays européen. D'autres partent en stop en Australie... ou en Namibie. C'est le cas de Solenn Bardet. Elle y a rencontré les Himbas, peuple de pasteurs semi-nomades qui vivent dans une région aride et reculée du nord du pays. Depuis 1993, Solenn y passe quelques semaines par an. Elle a été "adoptée" par une famille de là-bas, a écrit un livre sur son expérience, tourné un film co-écrit par la communauté et participé à des émissions comme Ushuaïa. Simon Hureau, spécialiste ès carnets de voyage, est contacté par la jeune femme qui lui propose de l'emmener dans son prochain périple: elle doit résoudre un problème de rivalité dans le cadre du forage d'un puits d'eau douce. Et les voilà partis pour cinq semaines, accompagnés du mari de Solenn et de leur bébé de six mois. Rouge Himba est le reportage dessiné de ce voyage. C'est également un ouvrage de référence sur le peuple premier: avec son Histoire, son contexte géopolitique, son mode de fonctionnement, sa place dans la réalité contemporaine... L'avantage de la BD sur le documentaire filmé est qu'elle est bourrée de références sur lesquelles on peut revenir sans cesse. Par rapport à un ouvrage scientifique, les anecdotes du voyage allègent le récit. Celui-ci commence par la rencontre entre Simon et Solenn et s'attarde sur leur arrivée en pays Himba, soulignant de ce fait leur isolement quasi complet en Namibie, pays le moins densément peuplé d'Afrique. Il se poursuit par la vie quotidienne dans le bush et la manière particulière dont ce peuple résout ses problèmes. C'est intéressant, très empathique, mais soyons honnête, à moins d'être un passionné, ce récit déroulant sur 300 pages peut s'avérer par moments indigeste. C'est également l'occasion pour Hureau de nous proposer un récit résolument optimiste, ce qui nous change de son fond de commerce habituel.