On se souvient de la fascination du théoricien André Bazin pour les films où hommes et animaux coexistent dans un même plan placé sous le signe du danger. C'est son fameux concept du "montage interdit". En 1981, l'agent et producteur hollywoodien Noel Marshall le prend pour ainsi dire au mot, signant avec Roar le " film le plus barré de tout...

On se souvient de la fascination du théoricien André Bazin pour les films où hommes et animaux coexistent dans un même plan placé sous le signe du danger. C'est son fameux concept du "montage interdit". En 1981, l'agent et producteur hollywoodien Noel Marshall le prend pour ainsi dire au mot, signant avec Roar le " film le plus barré de toute l'Histoire du cinéma", comme le claironne la jaquette de ce combo DVD/Blu-ray augmenté d'un livret de 24 pages détaillant les ahurissantes conditions de son tournage monstre. L'accroche promotionnelle n'a pour une fois rien d'abusif: ne laissant à personne d'autre le soin d'interpréter à l'écran un scientifique qui se bat pour la protection des espèces menacées, Marshall embarque pendant plus de cinq ans sa propre famille -ses deux fils, son épouse Tippi Hedren et la fille encore adolescente de celle-ci Melanie Griffith- dans une aventure hors norme impliquant littéralement d'évoluer parmi plus de 150 fauves apprivoisés mais non domptés. Le prix à payer? Scalpé par un lion, le directeur photo Jan de Bont, futur réalisateur de Speed et Twister, en réchappe avec 220 points de suture; Tippi Hedren avec une jambe cassée; Marshall avec la gangrène; Griffith avec une bonne grosse chirurgie de reconstruction faciale; on en passe et des meilleures... En résulte un vibrant plaidoyer pour la nature sauvage aux images affolantes et au sens de la dramaturgie proprement sidérant. Et tant pis si l'intrigue, simplissime, tourne méchamment en rond, faisant parfois de Roar moins un film à proprement parler qu'une attraction de l'extrême. Dingue, quoi qu'il en soit.