Le 24 avril 2013, au Bangladesh, l'effondrement du Rana Plaza, dans lequel périssent plus de 1 000 petites mains, forçats de la (sur)production endiablée des plus grandes marques, exhorte à la rupture. Reflet de la face immergée d'un système qui se mord la queue, la débâcle frap...

Le 24 avril 2013, au Bangladesh, l'effondrement du Rana Plaza, dans lequel périssent plus de 1 000 petites mains, forçats de la (sur)production endiablée des plus grandes marques, exhorte à la rupture. Reflet de la face immergée d'un système qui se mord la queue, la débâcle frappe autant les esprits qu'elle cristallise, sinon un nouveau départ, une profonde conviction qu'une autre mode est possible. Des années de formatage, de dilapidation des savoir-faire ancestraux ou d'aseptisation de la création, soumise à l'implacable logique du chiffre, ont en effet radicalement déshumanisé l'écosystème tout entier de la mode. À New York, Tel-Aviv, Amsterdam ou Paris, le film donne la parole à une nouvelle génération d'activistes, impatients de recharpenter le système dans son ensemble. À l'image du bio, la traçabilité du vêtement jusqu'au visage derrière l'étiquette, l'insertion sociale et l'empreinte écologique peuvent éclipser les impératifs de l'actionnariat. C'est désormais en décalquant élégamment les astuces de la nature que l'on peut entrevoir le crépuscule de la calamité environnementale dans laquelle l'industrie du textile s'est engouffrée les yeux fermés. Écrit par Ariel Wizman et Laurent Lunetta, ce documentaire prêche avec discernement une mode responsable, animée plutôt par la culture du partage que par la logique de marché. Utopique?